25 octobre 2014

Sur le fil

Le sixième Congrès Olympique qui se tient à Paris en juin 1914 est l’occasion de célébrer en grande pompe le vingtième anniversaire du rétablissement des Jeux Olympiques[i] (lire Au berceau de lolympisme) et de préparer activement ceux de Berlin en 1916. A loccasion de cette grand messe particulièrement festive ponctuée de démonstrations sportives, de pièces de théâtre, de prestations musicales et de splendides réceptions, le drapeau olympique figurant les cinq anneaux de couleur entrelacés sur un fond blanc, conception de Pierre de Coubertin directement inspirée du symbole de lU.S.F.S.A., est présenté pour la première fois. Cest également lors de ce Congrès quune première tentative de détermination de critères objectifs conditionnant linscription de telle ou telle discipline sur la liste officielle des épreuves est faite.

9 octobre 2014

L’été des grands projets

Le passage des professionnels de la Major League Baseball à Nice et à Paris, le lancement de la All-Paris League dans sa nouvelle édition, le premier match du IX de France au Parc des Princes, tout cela ne constitue quune partie dun plan bien plus vaste et ambitieux minutieusement concoc par Albert G. Spalding et ses lieutenants. Cet été 1914 doit voir la mise en œuvre crescendo de moyens de promotion du baseball encore plus efficaces.

3 septembre 2014

IX DE FRANCE ou La Ligue Européenne de Baseball (Acte II)

A quelques heures du début du France International Baseball Tournament (aussi appelé Yoshida Challenge en hommage à « Monsieur ») qui verra s’affronter à Sénart du 4 au 9 septembre 2014 une équipe venue tout droit du Pays du Soleil Levant ainsi que les équipes nationales de Belgique, des Pays-Bas et de France, et à une semaine du lancement du championnat d’Europe, auquel participeront les Bleus menés pour la première fois par Eric Gagné , il semble une fois de plus que lactualité suive - d’une certaine manière en parallèle - l’histoire du baseball hexagonal.

22 août 2014

Des semi-pros dans le championnat de Paris ?

Sous l’effet de la couverture médiatique de la tournée des professionnels en France, le baseball gagne non seulement en notoriété mais également en crédibilité au cours du printemps 1914. Spalding, le stratège, et ses lieutenants sont confiants et entendent mener méthodiquement leurs projets à bien. Battre le fer tant qu’il est chaud, telle est, semble-t-il, la devise qui dicte leurs actes.

24 juin 2014

Surréaliste !

Alan Seeger, jeune Américain le 22 juin 1888, sort diplômé de l’université de Harvard en 1910. Lui qui contribuait déjà en tant quauteur pour le Harvard Monthly, consacre les deux années qui suivent la fin de ses études à écrire de la poésie et à mener une vie de Bohème dans Greenwich Village. Il décide de rejoindre Paris dès 1912 et il nest pas exclu quil y croise son camarade de promotion John Reed, cet éphémère membre de lAmerican Paris Team. Très vite, il tombe amoureux de la France et, dans le but dy demeurer, entreprend de soumettre ses œuvres poétiques et des textes de sa composition à de nombreuses revues.

21 mai 2014

L’énigme des culottes courtes


A l’issue de la saison 1913, John B. Foster, éditeur du Spalding’s Official Baseball Guide annuel - autrement dit la Sainte Bible du Baseball - a fait réaliser un ouvrage intitulé Le Baseball [i] contenant des photos des différentes équipes de la région parisienne. La trace de ce livre semble malheureusement se perdre à New York au début du mois de mars 1914, après sa présentation par William H. Burgess à des journalistes, qui en retiennent que les joueurs français apparaissent « très soigneusement vêtus de culottes courtes et de chaussures légères »[ii]. Précisons à toutes fins utiles que dune part la culotte courte de l’époque descend tout de même sous le genou, comme il est possible de le voir sur cette photo de l’équipe du lycée Condorcet publiée dans l’Official Baseball Guide, et dautre part quil ny a rien dextraordinaire à porter des culottes courtes puisque toutes les équipes de lAmerican League et de la National League en portent[iii].

10 mai 2014

Le poireau et le lapin

De L’Humanité au Figaro en passant par Le Rappel, Le Temps, Le Gaulois, une part significative de la presse régionale et nationale a consacré au moins un article dans ses colonnes au passage des major leaguers à Paris. Peu importe qui a orchestré ce petit travail de propagande, le résultat est visible sur les photos de l’époque : plusieurs milliers de personnes se sont regroupées au vélodrome du Parc des Princes et au stade de la Faisanderie dans l’espoir d’assister aux rencontres. Combien au juste étaient-elles ? Faute de renseignements fiables sur la billetterie, il est bien évidemment assez difficile de donner un chiffre sur le nombre de spectateurs. Nous disposons néanmoins de quelques indications pour nous faire une idée : Pour McGraw, il y en a eu plus que n’importe où ailleurs durant cette tournée, sachant tout de même que plus de 15.000 personnes avaient assisté à la démonstration faite à Tokyo le 6 décembre 1913. A Nice, le petit stade municipal a accueilli pas moins de 5.000 curieux alors ce ne serait après tout pas raisonnable de considérer que les estimations de McGraw sont correctes et - compte tenu de ce qu’un grand nombre des déçus du Parc des Princes sont revenus le lendemain de nous arrêter sur une fourchette totale de 15 à 20.000 sur les deux jours. Evidemment, nous pourrions nous contenter de nous dire qu’attirer l’attention d’une telle foule constitue en soi un extraordinaire jalon dans la phase de développement de ce sport dans l’hexagone et que l’essentiel a été assuré. Ce serait perdre un peu trop vite de vue le caractère capricieux et irascible du parisien. Vous pensiez que rien ne peut être pire qu’un rainout ? Détrompez-vous, il y a bien pire : un rainout parisien.

22 avril 2014

Beaucoup Fanatic

« Premier journaliste de sport de lère moderne », « écrivain légendaire », « journaliste le plus connu de sa génération », « faiseur de mythes », « philosophe optimiste », tels sont quelques-uns des qualificatifs que lon rencontre fréquemment accolés au nom de Grantland Rice. Rien ne prédestinait pourtant ce fils de marchand de coton et petit-fils dofficier confédéré en 1880 en plein centre du Tennessee, à Murfreesboro, à devenir celui qui allait révolutionner le journalisme sportif et lui donner de véritables lettres de noblesse.

23 mars 2014

Paris, rendez-vous manqué

C’est avec quelques regrets et probablement encore quelques confettis dans les cheveux que les 67 touristes quittent les Alpes-Maritimes le 17 février 1914. Toulon, Marseille, Lyon… A mesure que le train progresse en direction du nord et traverse villages, villes et campagnes, la beauté des paysages provoque une sorte de révélation[i] chez les voyageurs : la France leur réserve encore bien d’autres merveilles. Jim Thorpe, qui avait eu brièvement l’occasion de séjourner à Paris à son retour des Jeux de Stockholm en 1912, ne peut que leur confirmer que la capitale au bout du chemin est à la hauteur de sa réputation. Aucun d’entre eux ne soupçonne cependant à quel point l’accueil qui leur est réservé sera tout bonnement royal.

17 mars 2014

Nice Hit!

Samedi 14 février, 9h30 du matin, gare de Nice : Avant même de descendre du train de nuit dans lequel ils sont montés à Milan la veille, les touristes ont compris deux choses : la première c’est qu’ils arrivent dans une ville où les festivités du carnaval battent leur plein ; la seconde c’est que Monaco et ses casinos ne sont qu’à quelques minutes en train. Oui, bien que Ted Sullivan ne le mentionne absolument pas dans son « History of World’s tour »[i], sur le chemin entre Rome et Paris, les équipes des Chicago White Sox et des New York Giants s’arrêtent bel et bien sur la Côte d'Azur et, contrairement à ce qui avait été le cas 25 ans plus tôt et puisque la météo le permet, elles vont pouvoir y jouer. Pas de doute, cette étape du second tour du monde s’annonce intéressante à bien des égards !

2 mars 2014

La tournée mondiale des Chicago White Sox et des New York Giants de 1913-1914

L’année 1914, porteuse de toutes les espérances pour le développement du baseball, s’annonce plus belle encore que 1913 pourtant déjà si riche en événements. Tout semble concorder pour une implantation durable du baseball, non seulement en France mais aussi, progressivement, en Europe. Alors qu’en janvier John Reed, l’aventurier de l’American Paris Team, chevauche aux côtés de Pancho Villa au Mexique[i], dont il couvre la révolution pour le Metropolitan Magazine, son ami Max Eastman, quant à lui, est retourné à ses occupations politiques habituelles et à The Masses. Au même moment, de retour à New York, Spalding annonce que tous les Américains de France mais aussi un grand nombre de parisiens attendent avec une grande impatience le passage des Giants et des White Sox[ii] dans la capitale. De quoi pourrait-on rêver de mieux pour lancer la saison ?

23 décembre 2013

Bilan de la saison 1913

En décembre 1913, Charles Comiskey, propriétaire de l’équipe des Chicago White Sox, déclare le plus sérieusement du monde : « Dans une douzaine d’années, je serai peut-être manager de l’équipe de baseball d’une ligue internationale comprenant le Japon, la Chine, l’Angleterre, la France et la Russie »[i]. Six mois plus tôt, c’est Ban Johnson, le président de l’American League, qui affirmait que « le jeu va, dans les années à venir, devenir l’un des rares sports réellement internationaux […] Le jeu est apprécié et joué à Cuba, au Japon, en Chine, à Mexico, en Amérique du Sud, à Porto Rico, aux Philippines, en France, Australie, Suède, Allemagne et même en Angleterre »[ii]. Pour ce qui concerne la France, sa petite vingtaine déquipes[iii] et ses quelques centaines de joueurs[iv], c’est indéniablement aller un peu vite en besogne que daffirmer que le baseball y est joué et apprécié mais, pour une première année de pratique véritablement structurée, nous pouvons dire que le bilan est tout à fait honorable et laisse augurer d’un développement extrêmement encourageant.

14 décembre 2013

La Revanche et le baseball

Soldat aux brillants états de service bardé de décorations tout autant que de cicatrices[i], officier ambitieux proche de ses hommes et soutenu par le duc d’Aumale, ami personnel de Gambetta et de Clémenceau qui en fait un radical Ministre de la Guerre dans le gouvernement Freycinet, doté d’un charisme remarquable, capable dans cette France aux courants politiques fort complexes de rallier sous sa bannière - avec pour seul programme une réforme constitutionnelle et la revanche contre l’Allemagne - une troupe hétéroclite de patriotes mécontents de la politique anticléricale, de l’expansion coloniale et surtout des intrigues parlementaires, comprenant aussi bien des partisans de l’extrême gauche que ceux d’une droite dure ou bien encore les bonapartistes ou certains royalistes, le général Boulanger est incontestablement un personnage de la fin du XIXème siècle.

24 novembre 2013

Aye-Aye, Captain!


La lecture des différents articles de la chronique pourrait donner l’impression que, en ce début de vingtième siècle, seuls quelques Parisiens et de très rares Normands ont pu assister à des démonstrations de baseball. Il n’en est rien. Bien que, faute de terrain de sport digne de ce nom à l’époque, les Chicago White Stockings et des All America n’aient pas pu jouer lors de leur passage à Nice en février 1889 (voir l’article Sept petits innings pour convaincre les Français ?) et bien encore que la grande ligue internationale un temps imaginée par Klegin n’ait pas vu le jour (voir La Ligue Européenne de Baseball - Acte I), les Niçois ont tout de même pu, eux aussi, voir de temps à autre quelques matchs de bonne qualité.

9 novembre 2013

Les premiers parrains - Dubonnet

Né en 1883, Émile Dubonnet, fils de Marius Dubonnet, le producteur de spiritueux du même nom[i], est une figure du sport de la Belle Epoque. Sans trop exagérer, nous pourrions dire qu’en réalité il profite de la fortune familiale en s’adonnant aux loisirs. Très intéressé par tout ce qui est moderne, il est tour à tour cycliste, footballeur, patineur, escrimeur, pilote de course, et de manière générale pratique toutes les disciplines possibles avant de devenir un brillant aéronaute et de se classer au premier rang des pilotes aviateurs.